Cave Benoît Dorsaz


« À l’échelle de la terre, je ne suis qu’une respiration, constate Benoît Dorsaz en bordure de sa vigne du Goille aux Follatères. Il faut être conscient de ce que l’on peut faire l’espace de cette respiration. Ce sol est un subtil mélange de sablons du Rhône et de loess descendu du coteau; après moi il devra produire encore longtemps. J’évite d’y mettre des substances de synthèse qui nuiraient à sa capacité de production et je favorise la croissance d’une flore locale entre les lignes de cépage rouge. »

La sensibilité du viticulteur pour le milieu environnant apparaît à l’occasion d’une inspection du vignoble précédant les vendanges. « Le sondage indique le taux de sucre du raisin. Ce n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Je porte autant d’attention à la couleur du raisin, à son état sanitaire et à son acidité. Je suis attentif au goût et au fait que la pulpe du raisin se détache du grain. Je le sens en bouche puis je regarde l’état des pépins, s’ils sont plus ou moins verts ou bruns. » Au pied du talus, un renforcement de béton hideux a été remplacé par de beaux murs de pierres sèches. La couleuvre d’esculape, la vipère aspic, la coronelle lisse et de superbes lézards verts y évoluent en toute liberté. « J’ai appris à mon personnel de simplement les laisser passer.

La flore indigène évite l’usage excessif de fertilisants; j’obtiens ainsi des grappes et des graines plus petites, donc plus d’extrait. C’est avant tout dans mes vignes que se fait la qualité de mes vins. J’essaie d’intégrer mon travail de viticulteur dans les cycles naturels. Cela me met beaucoup plus en symbiose avec ma vigne et avec mon environnement que si j’utilisais des produits chimiques de manière intensive. »