Markus Bratter, Verbier

La passion pour Verbier ... à l’international

Alors qu’il aborde «une année de transition», l’année de sa soixantaine comme il le dit lui-même, Markus Bratter ne manque ni d’idées ni d’enthousiasme pour la station qui l’a accueilli il y a quarante ans. Venu d’Australie en Suisse pour y suivre une école hôtelière, Markus ne s’y sent pas à l’aise à l’âge de la majorité. Il la quitte et découvre un poster de Verbier alors qu’il est sur le départ en gare de Lausanne. Il s’y rend en auto-stop, débute comme plongeur dans un hôtel et n’en repartira plus. «Verbier a été mon école hôtelière et l’est toujours. Tout le monde pense que l’hôtellerie c’est facile... Tu parles! Au début ce sont des sacrifices énormes, des journées de quatorze heures seul face à ton ordinateur, entrecoupées de nuits blanches lorsque tu perds des dizaines de milliers de francs durant la première saison d’exploitation de ton restaurant. C’est dur au niveau financier; il y a six mois d’entre-saison où tu ne gagnes rien.» Figure emblématique de la station avec son accent caractéristique et ses cheveux longs toujours parfaitement soignés, Markus Bratter dirige cent vingt employés au sein des hôtels Nevai et la Cordée des Alpes, du Farm Club, la boîte de nuit où se retrouve toute la jet set de Verbier, ainsi que d’une boutique spécialisée en vins, le Mac Birch. Avec l’aide d’investisseurs et de financiers, il en a fait des établissements phares de la station. «Je sais créer des environnements qui plaisent aux gens, c’est une de mes forces, à côté de ma capacité de me fondre aussi bien dans un environnement local constitué de rudes mais timides Bagnards que de financiers et de banquiers huppés. Il faut juste savoir rester à l’écoute de tout un chacun.»

« J’adore vivre à Verbier, même si je pars souvent. Je pars pour revenir.»

«Ma passion c’est Verbier et la montagne. J’adore vivre ici, même si je pars souvent. Je pars pour revenir. Il existe des lignes d’énergie très positives à Verbier, c’est mon côté un peu farfelu qui le croit profondément. Pourquoi les gens ici sont-ils beaux et pleins d’énergie, comme à Bali? Nous y sommes tout le temps et ne nous en rendons pas compte. C’est une cuvette ouverte sur des montagnes qui ne t’oppressent pas. Notre rôle est de renforcer ce sentiment de bonheur, de faire en sorte que nos hôtes s’y sentent bien. Faire plaisir aux clients constitue l’essentiel de notre métier, même s’ils deviennent toujours plus exigeants.» À la réception de ses hôtels se trouve un recueil qui présente tout ce que Markus aime faire dans la région... «pour apprendre à nos clients à évoluer dans un milieu qui leur est inconnu. L’ambiance de l’entreprise vient d’en haut; elle ne peut venir d’ailleurs. Je concentre mes efforts sur les personnages clefs de mes établissements, tels que le directeur ou la réceptionniste de l’hôtel, qui sont chargés de répercuter les informations auprès des autres collaborateurs. Si l’on parvient à s’entourer de personnel compétent - Dieu sait si c’est difficile dans des métiers saisonniers - l’essentiel réside dans la communication et les contacts humains.»

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