Jean-Daniel Clivaz, Crans-Montana

La nouvelle vision d’un patrimoine touristique

Le fœhn souffle en rafales lorsque je rejoins Jean-Daniel Clivaz sur le haut plateau de Crans-Montana; aucune installation ne fonctionne. Alors que les clients déçus rejoignent son hôtel, l’Olympic, Jean-Daniel s’active sur tous les fronts pour qu’au moins une remontée abritée achemine les skieurs jusqu’à l’Arnouva, où il exploite une pizzeria. Il n’y servira aujourd’hui aucun des 600 couverts qu’il peut effectuer par beau temps. Situation typique pour un restaurateur situé sur le domaine skiable. Il va tout de même falloir payer le personnel désœuvré, tout comme celui de l’Amadeus 2006, situé un peu plus haut, où il peut servir jusqu’à un millier de couverts à midi. En plus du restaurant le Mayen, de son service traiteur et du bar de nuit l’Amadeus, tous situés à Montana, la famille Clivaz-Bonvin exploite le Sport Palace situé à Crans. Interview de Jean-Daniel, tout récent président de Crans-Montana Tourisme & Congrès:

« Bien que Crans-Montana ait la même histoire que tout le Valais, la nôtre est étroitement liée au ski et au golf. »

L’Amadeus 2006, un restaurant conçu pour les jeunes?
Pour la clientèle citadine qu’il est essentiel de satisfaire, car elle constitue le plus gros réservoir. J’ai voulu m’écarter de toute « suisse attitude, » qui sert des raclettes en costume sur fond de cor des alpes et de yodel; on la trouve en suffisance dans d’autres restaurants. Après analyse de notre clientèle, j’ai adapté l’offre à la demande, tout en œuvrant pour que le snowpark, qui se trouve à proximité, soit attractif et important.

Depuis quelques années Crans-Montana s’efforce de rajeunir son image par l’organisation de Coupes du Monde de ski alpin. Constatez-vous un rajeunissement de cette clientèle?
Le rajeunissement se fait plutôt par la mise à disposition de parcs de loisirs répondant à l’attente de la jeunesse, grâce à des moyens qu’une autre station ne peut pas nécessairement investir. Ces efforts contribuent tout juste à atténuer la baisse généralisée du nombre d’adeptes de ski alpin. L’opération Coupe du Monde est un vecteur de communication hallucinant, qui donne un positionnement clair au haut plateau, en plus de l’Open de Golf. Elle permet de renouveler les infrastructures de la station en la dotant de deux pistes compétitives et de raviver la culture de l’événementiel au sein de tous les partenaires de la station.
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