Relais de Tzoucdana

Séverine Borgeat: la vocation de l’accueil


Quelque part en un coin paisible d’Anniviers. Un étang, quelques canards, quelques ânes et quelques chèvres. Quelques tables avec quelques hôtes guère pressés, qui bavardent. Quelques jeunes serveuses souriantes, contentes d’oeuvrer dans cet endroit. À l’intérieur, quelques bricolages attendent qu’elles aient fini leur service au coin d’une table. Quelques tableaux affichent quelques proverbes, mais pas n’importe lesquels: « Il est urgent de ralentir »,« Le paradis n’est pas sur terre, mais il y en a des morceaux »... Une ambiance, quelque chose qui fait que cet endroit n’est pas quelconque... Quelqu’un, ou plutôt quelqu’une.

« Le bonjour, ce petit détail qui pourtant n’est pas insignifiant. » Séverine Borgeat

La mèche blonde, les yeux aux couleurs profondes du ciel anniviard par grand beau temps, Séverine Borgeat reçoit ses hôtes au coin d’un étang posé calmement à l’entrée du Plat de la Lé. Voici le relais de « La Tzoucdana, la source qui ne gèle jamais. » Le Besso, la Pointe de Zinal et la Dent Blanche veillent au loin. Un cerf parfois vient voler une salade. Une petite phrase suffit à Séverine pour résumer sa conception de l’accueil: « Le bonjour, ce petit détail qui pourtant n’est pas insignifiant. » Lorsque le service ou la cuisine lui donne le loisir de ces échanges verbaux qui éclairent son quotidien, la patronne peut préciser: « J’aime que les gens se sentent à l’aise et viennent discuter quelques mots à la cuisine. » Le charme, le soin du contact associé à un soucis permanent, celui de bien faire, de bien recevoir. Les gens du village viennent volontiers la visiter aux heures où ils la savent disponible: « On voit que tu te donnes de la peine… » Elle a ses visiteurs fidèles, qui aiment philosopher, ces gens jamais contents aussi, qui pourtant reviennent régulièrement. La tâche n’est pas toujours aisée. « Les gens sont de plus en plus exigeants et impatients; ils ne savent pas attendre. »

Lire la suite dans le livre