Services techniques alpins

Les monteurs du vide

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«Hâte-toi lentement…» Je retrouve le dicton du montagnard à l’observation de ces ouvriers acrobates qui œuvrent aux frontières du vertige. Douce et colorée, la montagne automnale est loin sous leurs pieds. Mais ils ne lui prêtent guère attention pour le moment. Casqués, dûment chaussés de semelles adhérentes, ils avancent à pas concentrés sur des poutres métalliques de deux pieds de large, fuyantes en direction de l’abîme. Leurs mains gantées de cuir manient de lourds poinçons. Pendus au-dessus du vide par un baudrier intégral assuré à deux points fixes différents, les ouvriers des Services Techniques Alpins réceptionnent la lourde poutre métallique que leur amène le grutier avec doigté. Il leur en faut aussi, du doigté, pour introduire la pièce avec précision dans ses guides, sans justement y laisser un doigt ou une main : l’erreur de pardonne guère. Le danger est permanent avec des pièces aussi lourdes. Parfois c’est l’élingue de fixation de la grue qu’il faut équilibrer au centimètre près. Tout se fait dans la concentration. Mais la lenteur n’est qu’apparente ; le temps presse, les jours de beau se font rares à mi-octobre et la télécabine de Vercorin devra être mise en service avant Noël. Le montage de la charpente métallique de la future installation ne laisse pourtant percevoir aucune hâte ; juste de l’ordre et de la précision. « Au printemps, quand on recommence à venir sur les pylônes, on a toujours un peu plus de crainte, relativise le monteur Conrad Darbellay ; on est un peu plus prudent. À la fin de l’été on doit faire attention parce qu’on devient routinier. Les gestes se font automatiquement et on ne s’aperçoit plus du danger. Il faut toujours se veiller à ce qu’on dit, mais on a très peu d’accidents dans ce boulot. »

 « La courbe des 25 millions de journées skieurs pour notre pays est en train de s’aplatir, voire de piquer un peu du nez. Le soucis est là, mais on n’est pas au bord du désespoir. » Gilles Cottet

« Depuis neuf ans que je suis à la tête de l’entreprise, confirme Gilles Cottet, nous avons eu un accident relativement grave ; un collaborateur qui était sur une nacelle, fort heureusement équipé avec le casque et qui s’en est sorti. Sinon ce sont des accidents comme dans la plupart des entreprises, des bagatelles avec de la limaille dans l’œil ou de petites coupures. Nous touchons du bois, mais nous avons certifié notre entreprise ISO 9001, 14001 et OSHAS 18001.

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