Novelis Switzerland

Grande à l’échelle valaisanne, mais petite à l’échelle mondiale

&feature=youtu.be

Août 2003, été de canicule. L’occasion m’est offerte de visiter les laminoirs de l’usine d’aluminium de Chippis. Je découvre ces ouvriers en combinaison de travail bleu et rouge, casqués et gantés, de chaudes chaussures de sécurité aux pieds. Leur puissantes machines manipulent des barres d’aluminium dépassant les cinq cents degrés. Bien à l’abri de tout danger au-delà des fameuses lignes de sécurité jaunes, je transpire à grosses gouttes, alors qu’au-dehors des halles le thermomètre indique plus de trente degrés. Eux sont là six jours par semaine, huit heures par jour, trois équipes d’ouvriers alternant vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Envie m’est donnée de revenir pour mieux comprendre ceux qui orchestrent le fabuleux spectacle de ces barres d’aluminium qui s’allongent presque jusqu’à l’infini sous les tonnes de pression du laminoir.

« C’est l’esprit suisse qui nous motive, on a toujours envie d’être les meilleurs, d’innover et d’être à la pointe de la technologie. » Sébastien Héritier


La fierté de l’ancienne Alusuisse
Octobre 2013 : le spectacle est toujours aussi impressionnant. Seule l’enseigne de l’usine a changé ; propriétaire de Novellis, la société Indalco est passée sous la coiffe des indiens d’Aditya Birla, un groupe qui emploie quelque 130’000 personnes dans le monde entier. Parmi elles, les cinq cents collaborateurs des usines de Chippis. Dans quelle mesure ces ouvriers ont-ils conservé leur motivation au travail après ce changement de patron ? Chef d’équipe pour les opérations de laminage, Patrick Varone me fait rapidement comprendre que la défunte Alusuisse brille toujours au firmament des Valaisans de l’aluminium. Depuis trente ans, Patrick œuvre au sein d’une entreprise dont la capacité est dictée par le marché. Des hauts et des bas donnent le pouls de ses activités, des périodes de remise en question liées à une conjoncture difficilement maîtrisable, d’autres de surchauffe, comme actuellement, lorsque la forte demande frise la limite de capacité des hommes et des machines : « On a hérité de la fierté de travailler qu’avaient jadis les ouvriers d’Alusuisse. On fait le maximum pour sortir le matériel. Quand on voit les treize millions d’investissements réalisés pour un nouveau four de laminage à l’entrée de la chaîne, on sait que c’est bon pour le futur, pour ceux qui viennent après. » La sécurité de l’emploi demeure une préoccupation ; au quotidien, elle se manifeste par le souci de faire bien… et vite !

Suite à lire dans le livre Valais Passions