Nant de Drance

Le chantier des superlatifs

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Peu de choses paraissent au grand jour du chantier hydroélectrique de ce début du XXIe siècle. Guère plus qu’une activité intense de véhicules à Châtelard, à l’entrée d’un portail pénétrant dans la montagne. Il faut monter en altitude et dépasser le site du barrage d’Émosson pour découvrir le chantier presque caché de la surélévation du mur du Vieux-Émosson. Là-haut se retrouvent les images familières des grands barrages bâtis au milieu du XXe siècle.

Une œuvre de pionniers des temps modernes
Les sceptiques prétendent que plus aucune réalisation majeure n’est possible dans le contexte environnemental, sécuritaire et juridique de la société actuelle. Et pourtant ! Nant de Drance est un chantier des superlatifs, qui se déroule sur dix ans et engouffre deux milliards d’investissements. Engouffre est le bon mot, car l’essentiel des travaux se déroule à l’abri des regards. Dix-sept kilomètres de galeries souterraines aérées par de gros ventilateurs, une énorme caverne destinée aux machines, dans laquelle disparaîtrait l’entier du Palais fédéral, 1,7 million de mètres cubes de roche excavés, acheminés vers l’extérieur par un puissant tapis roulant, presque autant de sable qui y pénètre par le même chemin, une centrale à béton, des colonnes de camions gigantesques, un atelier de mécanique, des ouvriers en combinaison couleur fluo, dûment casqués, qui s’activent autour de machines en tous genres. Tout reste enfoui dans le gneiss et le granite, presque comme si de rien n’était. Chantier de grande envergure, génie de l’homme au service de la fée électricité. Objet de la persévérance d’un homme également, Éric Wuilloud, à la tête du projet depuis huit ans.

 L’un des plus grands chantiers qu’ait connu le Valais dans son histoire et qui rappelle l’épopée des grands barrages

Une procédure d’autorisation délicate, menée tambour battant
« Au début, lorsque j’ai accepté cette tâche, je ne me suis pas rendu compte de l’ampleur de ces travaux ; heureusement peut-être, parce que j’en aurais eu peur. C’est un chantier impressionnant, qui rappelle l’épopée des grands barrages. Pour moi c’est une chance et une grande fierté, une passion qui est venue progressivement. Je dois la vivre à cent pour cent, faute de quoi je n’arrive pas à atteindre le but. Lorsque je suis parti à Olten, au siège d’Atel, j’avais pour objectif d’obtenir la concession et l’autorisation de construire le plus rapidement possible, pour pouvoir commencer les travaux et m’installer ainsi définitivement dans mon canton d’origine. »

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