L'artisan savonnier

Pour l’amour du savon


« Faire du savon c’est un peu comme la cuisine. J’y mets beaucoup de moi-même. Je recherche des couleurs, des odeurs, des textures à l’aide d’ingrédients naturels. » Bleu de travail, lunettes de protection sur le nez, palette, mixer ou thermomètre en mains, Laurence Machot joue avec les huiles pures ou essentielles, les végétaux et les minéraux pour fabriquer des savons artisanaux dans son atelier d’Evionnaz. Il s’intitulent Aphrodite, Citrus, Eros, Forêt , Jouvence, Matin tonic ou Namasté. Ne cherchez pas d’huile de palme ou de colorants, ce n’est pas sa philosophie. Laurence est une artisane qui n’utilise que des produits naturels. Elle les assemble au gré de ses instincts et des saisons, pour réaliser non seulement des savons liquides ou solides, mais aussi des produits cosmétiques, des huiles de massage ou des pommades de soin aux plantes. « J’ai développé toutes mes recettes moi-même ; ça a été deux ans de recherches, d’échecs également. Merci à la famille et aux copains qui ont joué le rôle de testeurs. Mes méthodes de fabrication évoluent chaque année ; il y a toujours un petit truc que j’essaie d’améliorer, un petit plus. »

 « Des fois les échanges sont plus enrichissants que les ventes. » Laurence Machot

Nature à l’état pur
« La création est la partie que je préfère, même si je ne réussis jamais du premier coup. Il y a beaucoup d’ingrédients dans le savon ; je peux doser tout plein de choses. Je travaille essentiellement avec des produits locaux ; la cire d’abeille et le miel viennent d’Evionnaz, les huiles essentielles de professionnels résidant en Suisse, de même que les huiles végétales. J’aime beaucoup jouer sur les effets des huiles essentielles, qui ne sont pas seulement des senteurs et des plantes, mais qui ont aussi beaucoup de propriétés, des vertus cosmétiques par exemple, pour soigner des problèmes de peau comme l’acné, l’eczema ou le psoriasis. Ce peuvent être aussi des vertus de détente ; la lavande est super relaxante, tout comme la marjolaine. Le romarin est un très bon stimulant, comme la menthe et la cannelle. Je crée aussi des odeurs sur des thématiques, comme le savon Namasté au sujet de l’Inde et du Népal. J’utilise du patchouli, de la cannelle, du bois de santal, qui rappellent bien les senteurs de là-bas. » On l’aura compris, faire du savon est un art au naturel qui se développe sur le tas et que Laurence maîtrise avec  œil, nez et doigté. Car, avant de l’appliquer un savon se sent, se regarde et se touche.

Suite à lire dans le livre Valais Passions