3e correction du Rhône: Tony Arborino

Une opportunité pour la plaine valaisanne

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« Mon métier est certes astreignant, mais il est passionnant ! » Lorsque je rencontre Tony Arborino, connu en Valais comme l’homme de la troisième correction du Rhône, je me demande si c’est la fonction qui fait l’homme ou le contraire, tant Tony s’assimile à son travail. « Lorsqu'à fin 1999 j’ai débuté sur le projet, j’ai de suite été conscient du fort potentiel de protection des personnes et des biens que représentait ce projet, des opportunités économiques principales, telle que la production d’énergie, ou parallèles pour l’agriculture, mais aussi des chances de développer les loisirs et la détente de manière à ce que les Valaisans se réapproprient le fleuve. Il y a énormément de choses à faire autour de ce cours d’eau. Le moteur est avant tout sécuritaire mais il y a d’autres opportunités que les Valaisans doivent saisir ; on y travaille avec les communes et les partenaires. » Lorsque je le questionne sur la réalité du labeur au quotidien, Tony Arborino reconnaît que la charge est importante : « Nous devons tout fabriquer dans ce projet, au niveau de sa conception scientifique, de l’aménagement du territoire, des études et de toute la planification; nous devons mettre sur pied une démarche de consultation, fabriquer des moments-clés de décision pour avancer étape par étape, secteur par secteur, et finalement réaliser les travaux. » Une démarche confrontant les ingénieurs, les politiques et tous les milieux concernés à laquelle sa formation d’ingénieur EPFL en génie civil ne l’a pas nécessairement préparé. « Il n’y a pas de formation pour cela en effet. Comme ingénieur on a néanmoins l’habitude de travailler avec différents corps de métier. Là c’est la même logique, elle est juste explosée à la dimension énorme de la plaine valaisanne. »

« La troisième correction du Rhône, c’est un peu comme si on réhabilitait un raccard pour en faire une chambre d’hôtes, parce que cela correspond plus au domaine d’activité d’aujourd’hui. » Tony Arborino

Un travail de fonctionnaire atypique
Tony Arborino et toute son équipe de spécialistes ne correspondent pas vraiment à l’image que l’on pourrait se faire des employés d’État. « Un travail de fonctionnaire atypique effectivement, mais ce sont des passionnés. Le projet de troisième correction du Rhône est un travail d’équipe pluri-disciplinaire, avec des gens qui sont des spécialistes de l’engineering, de l’aménagement des cours d’eaux, mais aussi spécialistes des aspects biologiques, d’aménagement du territoire ou d’agriculture. On a d’énormes contraintes techniques, financières et légales, avec lesquelles il faut composer pour trouver une solution durable. » La sécurisation de la plaine valaisanne contre les crues du Rhône est l’objectif prioritaire de cet immense chantier, planifié depuis déjà quinze ans et censé durer une vingtaine d’années au minimum.

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