Château de St-Maurice

Jean-Pierre Coutaz: L’avenir de Saint-Maurice, c’est le passé

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« C’est un paradoxe, mais l’avenir de Saint-Maurice réside dans son passé, sa culture, son Abbaye et, ne l’oublions pas, son château ! » Assis sur la belle poutraison qui supporte le toit de « son » château, Jean-Pierre Coutaz abonde d’enthousiasme lorsqu’il parle de sa ville natale, qui vit le 1500e anniversaire de son Abbaye. De plus en plus délaissés par l’armée, qui lui donnait de la vitalité économique, avec un collège lui maintenant heureusement un certain afflux de jeunesse, Saint-Maurice et son château étaient enclins à se tourner vers le passé. « Avant que je prenne en mains les rennes de cet établissement, j’avais l’impression qu’il y avait trois capitales en Valais : Sion, Sedunum et Sion. En 1974 le directeur des musées cantonaux a décrété qu’il fallait faire une fleur au Chablais. Il a installé dans ces murs le musée militaire qui, en fait, était l’histoire des milices valaisannes de 1815 à nos jours. Ça pouvait passionner un certain nombre de personnes mais après trente ans d’immobilisme, ça a lassé la majorité. Un musée digne de ce nom se doit chaque année de se renouveler. Quant, en 2004, l’État du Valais a donné la patate chaude à la commune de Saint-Maurice, qui s’est tournée vers moi, je me suis dit, il faut faire des expositions, mais dans un créneau qui n’est encore pas exploité chez nous, c’est à dire l’humour, la joie de vivre ! »

« Ça m’amuse de voir des rustiques qui s’adorent et qui s’envoient des vannes. Ça je trouve que c’est assez typique du Valais. » Jean-Pierre Coutaz

Passionné par la joie de vivre
Jean-Pierre Coutaz se fonde sur ses connaissances de professeur de dessin diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Genève ainsi que sur son sens avéré du conte pour concevoir des expositions inédites consacrées à des dessinateurs. Au moment de se retirer de cette activité passionnante, il compte de beaux noms à l’affiche de son château: Mix & Remix, Samivel, Derib, Étienne Delessert, André Paul, Mordillo puis Rosiński… Ses accrochages originaux obtiennent rapidement l’adhésion d’un public nombreux. « Je suis passionné par la joie de vivre. C’est merveilleux d’arriver à faire passer du bonheur auprès des gens. Les voir sortir du château avec un sourire qui fait trois fois le tour de la figure, je trouve que c’est la plus belle des consécrations, au-delà des chiffres, du bénéfice ou du déficit, peu importe. On me laisse quartier libre. C’est l’immense privilège que j’ai ici ; je suis mon propre patron.

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