Abbaye de Saint-Maurice

L’Abbaye de Saint-Maurice : permettre aux gens de découvrir d’où ils viennent

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« Beaucoup de personnes viennent ici en touristes et en ressortent en pèlerins, sourit Olivier Roduit, chanoine régulier de Saint-Augustin, mais aussi curé d’Aigle. Ils découvrent quelque chose qu’ils ne soupçonnaient pas. Mille cinq cents ans d’histoire sur quelques mètres carrés, il y a là toute une émotion qui se dégage. Une de nos volontés est de permettre aux gens de découvrir d’où ils viennent. » Se plonger dans la basilique et le monastère de l’Abbaye de Saint-Maurice, un des berceaux de la chrétienté, pour retrouver ses origines… Au risque de se perdre dans un incroyable dédale de murs plus vieux les uns que les autres. Le chanoine suggère certes une recette : « La meilleure solution pour connaître tous ces locaux, n’est-ce pas de venir y vivre comme religieux ou passer un séjour de retraite spirituelle ? » Occupé à ma descente du canton à pied, je préfère qu’il m’accompagne comme guide.

Depuis sa fondation en 515 après Jésus-Christ, tous les jours que Dieu a fait, une prière s’est élevée vers Lui, une louange perpétuelle, une lueur dans la nuit des temps.

Une longévité exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité
Gravés dans plusieurs langues aux noms des martyrs du monde entier, les deux battants d’une lourde porte s’ouvrent automatiquement sur les colonnes de la basilique, découvrant quinze siècles d’existence ininterrompue. Une longévité exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité, qui force au respect, voire à la génuflexion. « Depuis sa fondation en 515 après Jésus-Christ, tous les jours que Dieu a fait - 547’875 jours exactement le 22 septembre 2015, date anniversaire - une prière s’est élevée vers Lui, une louange perpétuelle, une lueur dans la nuit des temps. » Prières émises parfois sur un fond de souffrance et de sacrifice. « Votre périple de Valais Passions n’est heureusement pas la passion selon Saint-Maurice », précise mon guide alors qu’il me conduit au coeur historique de l’Abbaye : le Martolet, un nom qui évoque les martyres, un endroit marqué par la pierre au pied de l’imposante falaise de Saint-Maurice. Arrêt sur Histoire : « Ici devait exister un premier sanctuaire romain, avec notamment un hôtel dédié aux nymphes. À la fin du IIIe siècle, l’empire romain s’étend de manière notoire : l’empereur Maximilien franchit les Alpes et arrive dans le défilé stratégique d’Agaune. Il craint que les chrétiens qui s’y trouvent déjà ne troublent la paix romaine et veut les éliminer. Maurice, chef de la légion thébaine, refuse de les persécuter. Il est martyrisé avec des centaines de compagnons dans la plaine de Vérolliez.

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