Carine Tripet

Le patrimoine en musique

&feature=youtu.be

Une nuit proche de Noël, par-delà un pont voûté de belles pierres, dans une petite salle au fond du Binntal. Quatre musiciens accompagnent un petit bout de femme. Carine Tripet chante les yeux clos, complètement immergée dans son univers de sonorités linguistiques et musicales aux accents bien valaisans. Deux strophes en patois francophone, les autres en dialecte haut-valaisan, alternant sans cesse l‘un et l’autre, elle chante le Rhône ou ses vallées latérales, vous emmène dans un Valais de montagnes et de légendes. Le poète zermattois Hannes Taugwalder, l’anniviard Aloys Theytaz et d’autres encore lui inspirent une partition faite de consonances harmonieuses, fidèles à la prosodie des langues. « La prosodie ? Leur rythme, leurs accents, comme elles chantent quand on les parle. Pour donner l’impression que les deux langues n’en font qu’une, j’allège un peu le haut-valaisan et j’alourdis quelque peu le patois. Mais il faut que la traduction poétisée chante et respecte le rythme du dialecte. » Ses accords résonnent entre les falaises, sur des orchestrations qui font écho aux sources et aux torrents. Une musicalité contemporaine inspirée de jazz, qui évoque le labeur des gens de là-haut, mais aussi la mélancolie du pays récitée par les migrants qui ont dû le quitter, faute de travail.

Phrase à mettre en exergue: « Par-delà les époques et les régions, je partage un langage universel, celui du cœur ! Qu’il ouvre le vôtre... » Carine Tripet

« La musique est moteur d’émotions. On fait de la musique pour entrer en communication avec l’autre, sur un mode différent du langage ou de l’écrit. J’utilise la musique comme un médiateur pour donner accès à tout ce qui est patrimonial et culturel. Il faut pas mal avoir étudié pour faire ce que je fais, savoir s’appuyer sur ses connaissances et ses compétences lorsque l’on est dans l’acte d’écriture. » Son cursus d’artiste ne relate pas moins que des études à l’école normale, au conservatoire puis à l’université de Dijon, en sciences de l’éducation avec une spécialisation en sociologie, politique et économie.

À la rencontre de l’Enfiane
Pour mieux saisir l’enfant qui sommeille dans cette artiste cultivée, j’emmène Carine Tripet au pied de la Tour de Saxon.

Lire la suite dans le livre