Dominique Savioz: Lirekit

Pour redonner au livre ses lettres de noblesse


« Quel que soit le résultat financier, le Lirekit me laisse en paix car il fédère une philosophie et suggère une manière de vie différente. » Il y a quelques années, alors que personne ne peignait encore le diable sur les tablettes, téléphones mobiles et autres fenêtre virtuelles, Dominique Savioz a l’intuition que ces écrans représentent un certain danger. « L’écran numérique nous permet certes de naviguer dans toutes les bibliothèques du monde, mais il ne représente une chance que si nous apprenons à le dominer et à nous en détacher. Il faut savoir l’exclure de nombreux moments de notre vie et donner priorité au contact direct, et non virtuel, avec ses pairs ou avec l’environnement. » À l’automne 2012, Dominique Savioz délaisse trente ans de carrière d’enseignant pour faire fructifier toutes ses expériences au sein d’Artena, sa nouvelle société. Il s’entoure de créatifs compétents dans le but de publier un matériel pédagogique nouveau : une collection de livres richement illustrés pour les enfants, mais surtout une console électronique inédite, le Lirekit, « sans écran, pour faciliter la concentration et stimuler la créativité. » Simple d’usage, l’appareil de couleur verte se greffe à n’importe quel livre d’images. « Son écran, c’est le livre ! » Il permet de concevoir une illustration sonore, d’enregistrer son grand-père ou sa propre lecture, voir d’écouter celle de la maîtresse en anglais, tout en parcourant les pages illustrées. De nombreuses ressources et un programme disponibles sur internet permettent même à une classe d’élèves de concevoir un décor musical autour de leur propre livre, puis de faire imprimer et relier l’ouvrage au siège d’Artena. « L’enfant est demandeur d’histoires. L’impliquer dans leur création développe un monde très précieux et valorisant pour lui. »

« Optimiste à tous crins, je suis le ravi de la crèche. Je suis un récepteur d’énergies. » Dominique Savioz

Est-il possible d’échapper à Orwell ?
« Derrière cet effort de réalisation se dissimule un choix philosophique essentiel à mes yeux, poursuit Dominique Savioz. Voulons-nous abandonner notre manière de penser à de grands groupes qui, de plus en plus, ont la mainmise sur notre sphère privée et notre alimentation ? Ne devenons pas prisonniers d’une poignée de multinationales qui tentent de gérer l’entier de notre accès aux nourritures spirituelles comme corporelles. Il faut que le consommateur se réveille ! Il veut à la fois du local et du bon marché. J’achète à trois francs cinquante mais je reçois mon boomerang à sept francs cinquante à travers la figure, parce que mon voisin est licencié.

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