Fête Dieu, Kippel, Lötschental

Foi et ferveur

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Dimanche de Fête Dieu dans le Lötschental. Dès l’aube, Kippel prend ses airs d’apparat alors que les habitants décorent les quelques autels disséminés dans le vieux village. Même les montagnes environnantes revêtent leurs plus beaux atours. Les cloches appellent longuement les fidèles, qui affluent dans une église trop petite pour l’une des principales fêtes religieuse de l’année. Les femmes costumées prennent place sur les bancs de gauche, les enfants premiers communiants à l’avant de ceux de droite, les hommes derrière. Dans l’allée centrale, une double rangée de grenadiers veille, debout, immobile. Depuis son balcon haut-perché, le cœur agrémente l’office de chants mélodieux. Voir cette foule de fidèles fêter le corps et le sang du Christ dans la solennité, la ferveur et la foi fait la joie de Bernhard Schnyder, le prieur du Lötschental. Ne m’avoue-t-il pas un peu plus tard : « J’ai l’énorme chance d’avoir pu transformer mon rêve en mon métier et d’y consacrer ma vie. »

« Je ne crois pas à la mort du religieux. C’est peut-être la chose la plus universelle qu’il y ait au monde. » Jean-Blaise Fellay, prêtre Jésuite

Egaux face à Dieu
« Au plus fort de la cérémonie de la Fête Dieu, nous sommes dans les prémices du ciel, affirme le père Jésuite, Jean-Blaise Fellay, lorsque tout le monde se trouve sur le même pallier, que ce soit le grenadier ou la première communiante. Tous prient humblement, sous le regard de l’absolu, de Dieu, face à l’échéance fatale. » L’uniformité et l’alignement rigoureux des croix dans les cimetières du Haut-Valais me viennent immédiatement à l’esprit. « Quel qu’ait été notre bref passage sur terre, m’explique le prieur, nous sommes tous égaux face à Dieu. Il ne peut y avoir de défunt qui soit plus mort que l’autre. » Mes question sont multiples lors de cette cérémonie originelle. À l’image de leurs cimetières, les haut-valaisans seraient-ils des croyants plus pratiquants que les habitants du reste du canton? Dans quelle mesure la superbe fête de la Fête Dieu attire-t-elle les fidèles à l’église? Sont-ce plutôt les conditions de vie des montagnards, leur confrontation régulière aux dangers naturels qui les rendent plus sensibles au divin? « Un sentiment d’humilité nait lorsque l’on est confronté à la violence des éléments, reconnaît Peter Meyer, sergent des grenadiers du Bon-Dieu.

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