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Christophe Thétaz « Prendre le temps dans la relation avec autrui »

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« Tout ce qui restera de nous dans la vie, c’est les moments où nous avons dit "Je t’aime", c’est Gilles Vignaud qui nous l’a dit lors de son passage sur la Colline Ardente et c’est ce qu’a crié Anne-Marie ! » Les ans n’enlèvent pas à l’ancien journaliste, Pascal Thurre son enthousiasme communicatif : « J’ai autant de plaisir à accueillir ces personnes attachantes que d’avoir reçu ici le dalaï-lama, Bécaud, Ferré ou Tino Rossi. » Assise sur sa chaise roulante, Anne-Marie est l’une des quatre résidents du home sédunois Le Glarier, en visite sur les hauts de Saillon. Coiffée du fameux chapeau du légendaire Farinet, son foulard rouge autour du cou, elle s’est écriée "Je vous aime" avant de tirer avec le fusil du faux-monnayeur en direction de la ligne de vie. « Cela veut dire "J’existe encore, entendez-moi, écoutez-moi" », renchérit Christophe Thétaz, l’animateur en psychogériatrie qui l’accompagne. « C’est ça qui a déclenché le coup de fusil ! On est tellement dans la vérité, il n’y a plus rien que l’essentiel dans cette démarche de venir ici. J’ai vu les résidents avec la larme à l’œil. On fait partie de cette humanité, on a envie de crier nos valeurs; tout le monde ne nous entend pas et on est obligé de crier très fort. Sentir cette énergie, cette force m’émeut, vraiment. » Christophe s’identifie complètement aux personnes âgées qu’il encadre. Il s’exprime sur son métier passionnant, tout en trinquant au tonneau de Farinet tiré du fond d’un puits: « Avec le bout du doigt, comme le dalaï-lama. Notre travail consiste à accompagner le résident dans tous les liens qu’il pourrait renforcer ou créer avec lui-même, avec les autres pensionnaires, avec ses proches, ses amis et avec la société. Chaque semaine, l’équipe d’animation propose une sortie culturelle, curieuse de l’autre ou surprenante. Aujourd’hui, venir à la vigne à Farinet est un geste fort et magnifique car c’est un symbole de relation entre les gens. Cela touche les résidents présents et nous bouleverse également en tant qu’accompagnants. »    

« De par son rapport étroit avec la montagne, le Valaisan a toujours été dans une relation d’aide et de solidarité. Il en a par bonheur conservé l’esprit. » Christophe Thétaz

Plus un seul ennemi au monde
Le retour dans le bus de Transport Handicap s’effectue dans une fatigue silencieuse mais illuminée de sourires. « Quand Saint-Exupéry découvre le silence dans le désert, renchérit Pascal Thurre, il s’écrie: "Je n’ai plus un seul ennemi au monde ! J’ai découvert le silence". » Et Pascal Thurre de s’adresser à Christophe Thétaz: « Quand je te vois, là, je n’ai plus d’ennemi, tu respires la gentillesse.  »  Nombreux sont les résidents à partager ce sentiment. « Je travaille ici avec des personnes âgées, aujourd’hui, pas dans le passé! »
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