Naftaline, Ayent

Le monde au présent, ici et maintenant

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« J’exerce le plus beau métier du monde, sourit Dominique Morard derrière son bureau. Ce bâtiment est l’aboutissement d’un rêve, c’est mon Noël à moi. » La directrice de Naphtaline, à Ayent, n’a guère le temps de poursuivre ses confidences. Débarque le jeune Colin, qui vient régulièrement lui rendre visite pour boire sa goutte de café. Il grimpe sur ses genoux et commence à dessiner sur ses papiers. Puis surgit un autre enfant, qui se charge de remplir son planning de petits cœurs et gribouillis, avant qu’une troisième ne signe ses courriers de croix bigarrées. Un sourire jusqu’aux oreilles, Dominique tente de sauver l’essentiel de ses documents de direction avant de se diriger avec sa petite clique vers la cuisinette pour leur préparer une vraie tisane. «Un petit thé aux fruits, parce que tu as été malade cette nuit. Qu’est-ce que ça sent?»

« Naphtaline, c’est un petit paradis de l’enfance, un rêve de jeune fille, poursuit Dominique. Il y a plus de trente ans que j’ai démarré ici par la création d’un jardin d’enfants. Grâce à l’appui d’un curé avant-gardiste, cette crèche est devenue ma vie, malgré les réticences initiales des autorités qui pensaient que dans un village valaisan, il n’y en avait pas besoin. Naphtaline est capable d’accueillir nonante jeunes dans une construction récente, située sous le centre scolaire d’Ayent. Entre 3 et 18 mois, les enfants sont répartis dans une nurserie, dans une crèche jusqu’à 4 ans et dans une Unité d’Accueil pour Écoliers jusqu’à l’âge de 12 ans. Une structure d’accueil comme celle-là, c’est une carte de visite pour une commune. »

« La spontanéité, la créativité, l’intuition et le charme : la plus belle part de l’être humain, qui reste encore complète chez l’enfant. » Dominique Morard

Départ pour l’étage inférieur où les nurses préparent le repas de midi. Dès qu’elle voit arriver Dominique, la petite Eline rampe à quatre pattes à sa rencontre. Elle s’agrippe à ses bras et lui indique la porte de son petit index dressé. « Qu’est-ce que tu as Eline? Tu veux aller faire la balade? » Habitude quotidienne, l’occasion de jeter un œil aux plus grands de la crèche, qui effectuent un jeu d’obstacles avec leur éducatrice. La directrice connaît tous les enfants par leur prénom. «Ils peuvent circuler librement entre les diverses structures, à l’image de notre société avec ses jeunes, ses vieux et ses gens de cultures différentes.

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