Patrice et Petra Dubosson, Val d'Illiez

Un virage pour mieux vivre

« La qualité de vie des familles paysannes s’est vraiment dégradée avec la chute des prix du lait. Il est devenu indispensable d’avoir un autre job à côté si on veut faire tourner une exploitation agricole dans le val d’Illiez. Sur la septantaine d’agriculteurs à plein temps qui restent dans la vallée, une grande partie débute sa journée à l’écurie, puis travaille aux remontées mécaniques, dans une entreprise de charpente, de menuiserie ou de maçonnerie... avant de retourner gouverner son bétail jusque tard le soir. C’est triste, la charge de travail n’a fait qu’augmenter sans pour autant améliorer le salaire.» Agriculteur à Troistorrents, Patrice Dubosson ne se contente pas d’un ton déterminé lorsqu’il dresse ce constat réaliste du métier de paysan de montagne. Passionné, il joint régulièrement les actes à la parole dans le but d’améliorer le sort de ses congénères.

«Dans l’agriculture il y a toujours de l’avenir, la seule chose c’est de savoir si le consommateur est prêt à payer le produit correctement, de façon à ce que le paysan puisse continuer.»

Deux ans à peine après qu’il a construit sa ferme sur les hauts du village, la crise du prix du lait laisse de profondes cicatrices dans son affectif paysan. Il diversifie ses activités lui-aussi, assure des travaux de mécanique et de transport de fumier pour des tiers. «Chacun doit se débrouiller pour combler le déficit de son exploitation laitière.» Porte-parole de ses collègues au sein d’une commission communale cherchant à améliorer la condition paysanne, persuasif tout en restant à l’écoute, il poursuit sa lutte pour un prix du lait équitable. «Il y a toujours de l’avenir dans l’agriculture, la seule chose c’est de savoir si le consommateur est prêt à payer le produit correctement de façon à ce que le paysan puisse continuer.»

Le bel exemple de la Cavagne
Dans cette attente le val d’Illiez ne reste pas les bras croisés: «Comme dans toutes les montagnes, il n’est plus possible de lutter avec le lait industriel; il faut se démarquer avec des produits à haute valeur ajoutée, valorisés et vendus par un tiers ou par soi-même, ou alors faire de l’élevage pour la viande, cultiver des plantes aromatiques...

Suite à lire dans le livre Valais Passions