Bergland, Ernen

Biologique, atypique, novateur mais concret!

Vivre du tourisme doux et d’une agriculture biologique proche de la nature serait-il une vision de l’esprit, une illusion au milieu de nos montagnes et de leurs stations de ski? Lorsque en 1989 Ruedi, le forestier, Philipp, l’agriculteur et Stefan, le laborantin, arrivent de Suisse centrale à Ernen, dans le Haut-Valais, les indigènes les qualifient de hippies. N’ont-ils pas la volonté de pratiquer une culture extensive selon les principes de l’agriculture biologique? Ne veulent-ils pas faire de l’élevage sans entrer dans les canaux laitiers traditionnels? N’entendent-ils pas non plus vivre en coopérative autour de principes philosophiques fondamentaux tels que la liberté, la solidarité et l’égalité, tout en exploitant de manière durable les ressources primaires que sont le sol, l’eau, le monde animal et végétal, l’énergie et l’air? Que de belles paroles diriez-vous... Quant à en vivre...?

Du bio pour élever des espèces en voie de disparition
Vingt-cinq ans plus tard, avec leurs femmes Daniela, Ingrid et Pia et leur cinq enfants, ils ont fait du chemin, tout comme leurs preuves dans la collectivité locale. La coopérative Bergland exploite 60 hectares de terrain, dont la flore diversifiée de montagne est pollinisée par les abeilles de plusieurs ruches. Un vaste jardin potager alimente en herbes aromatiques, fruits et légumes labellisés bio, leur magasin original, au centre du village. En plus de boeuf maison et d’autres produits biologiques, on y trouve d’excellents mélanges de thés et d’herbes produites, puis séchées sur place. Dans une première étable en contrebas paissent plusieurs mulets; de temps à autres, ils partent en trekking avec des touristes qui profitent de l’appartement et des chambres d’hôtes mises à disposition par la coopérative. La seconde étable regorge d’une vie particulière, sous un toit couvert de panneaux solaires. Entièrement ouverte à l’air libre sur trois côtés, elle permet à ses pensionnaires de profiter d’une vue sans entraves sur le Fiescherhorn et les Alpes bernoises, malgré le froid environnant de ce mois de janvier qui y pénètre, lui aussi, en toute liberté. Entre leurs sabots, à même la paille sèche, se faufilent quelques lapins; plus loin un petit veau vient directement téter sa mère...

Suite à lire dans le livre Valais Passions