Chronique 10 Nouvelliste

L’esprit d’ouverture en termes industriels

BEM Industrie à Monthey: La continuité de l’entreprise se trouve dans la continuité du personnel

«Le durabilité d’une entreprise, c’est les jeunes!» A la tête de Bühler Entreprises Monthey, Jean-Marc Rogivue parle d’expérience. Créée en 1982, sa société spécialisée dans l’ingénierie électrique a rapidement atteint la taille respectable d’un centre de compétences agréé par de grands constructeurs: plus de cinquante employés dans le montage de tableaux électriques ou d’installations solaires complexes, que six ingénieurs spécialisés conçoivent au préalable selon les besoins spécifiques de chaque client.

Des clients qui ne sont pas les moindres: des chimiques, BASF ou Cimo, à Nestlé en passant par la raffinerie de Collombey, l’EPFL ou d’autres encore.

Formation continue et polyvalence

«L’individu est au centre de notre stratégie; nous investissons sur les gens qui, assez vite, s’approprient l’entreprise et lui permettent la souplesse nécessaire à la gestion de projets complexes, voire urgents.» Une quinzaine d’apprentis sont actuellement formés dans 5 métiers différents. Les collaborateurs sont ensuite astreints à plusieurs jours de formation continue par an, en cours, en atelier et chez le client, de manière à acquérir une grande polyvalence. «La continuité de BEM est dans la stabilité du personnel, à quelque échelon que ce soit. La mise en oeuvre d’une idée signifie une heure de scientifique, 10 heures d’ingénieur puis entre cent et mille heures de réalisation par des ouvriers qualifiés. Nous avons besoin de toute la pyramide!»

Un métier appris au front

Pour arriver à ce niveau de compétences, «la formation duale, aussi bien en entreprise qu’au centre professionnel, est une grande force! Au sein du GEC, le Groupement d’entreprises du Chablais, nous nous battons pour que le métier s’apprenne au front et pas seulement à l’école d’ingénieur.» Un GEC qui permet moult échanges informels. «Son pragmatisme et sa rapidité entrepreneuriale en font un interlocuteur écouté des politiques de l’agglomération Chablaisienne.»

Jean-Marc Rogivue, BEM, Monthey: «En matière économique, l’esprit d’ouverture du Chablais gagne à mieux être connu de l’ensemble du canton.»

Un important transfert de compétences

Le recentrage des grandes sociétés de la place sur leurs métiers spécifiques ont contribué à l’éclosion d’un tissu économique diversifié dans la région. En élaguant beaucoup dans leurs compétences techniques, les grands ont petit à petit externalisé beaucoup de travaux spécifiques, que se répartissent de nombreuses PME du Chablais. «Valaisan ou vaudois, peu importe, ceux d’en face sont devenus ceux d’à côté! Ce tissu de PME rappelle les poissons pilotes qui tournoient autour des baleines.» Non seulement les grandes entreprises fournissent une masse de travail permettant à ces PME de survivre, mais elles leur ont transféré un savoir-faire que ces sous-traitants peuvent aussi valoriser ailleurs. «Le Chablais est la vitamine économique du canton, il est plus tourné vers la Riviera, le bassin lémanique et toute la Suisse Romande que vers le Valais central!» On y apprécie l’esprit crocheur et la fiabilité du collaborateur valaisan. «Quand on lui a confié un projet, on sait que ça roule» affirme Jean-Marc Rogivue, non sans fierté envers son personnel. En patron d’entreprise comblé, il reconnaît réaliser un rêve. Un entrepreneur fribourgeois ne lui confiait-il pas un jour: «Si vous saviez ce que j’aimerais avoir seulement 15% de sang valaisan dans mes veines!»

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