Stephane Pillet

L’entrain et l’énergie d’une entreprise agricole

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La dynamique et la volonté caractérisent Stéphane Pillet; il est loin de laisser apparaître que dans 3 ans il aura atteint l’âge de la retraite. «Je n’aurai plus droit aux payements directs, alors ma femme Marie-Noëlle et moi sommes en train de transmettre notre exploitation agricole à notre fils Bertrand; il y travaille avec notre neveu Julien.» La ferme des Grandes Îles est plus qu’une exploitation agricole, c’est une vraie entreprise: 200 têtes de bétail, dont les deux tiers de vaches de la race d’Hérens qu’il élève en stabulation libre, pour le lait.

«Et pour la corne, renchérissent 3 de ses 7 apprentis, tous issus de familles d’éleveurs valaisans. C’est pour le caractère de ces vaches que nous apprenons ce métier.» Certainement aussi pour celui, généreux mais exigeant, de leur propriétaire! Dès la traite de cinq heures du matin dans une installation automatisée, l’enthousiasme des jeunes pour les noires est évident. Celui de leur patron également, dont le style de conduite passe avant tout par l’exemple. Les choses ne traînent pas du côté de Vétroz. Aux côtés des 13 hectares de maïs et d’une douzaine en prairies pour alimenter leurs bêtes, Stéphane et son équipe cultivent entre autres 20 hectares de vignes, une trentaine d’hectares en arbres fruitiers, 6 de carottes et une quarantaine de seigle. L’été se passe sur le vaste alpage de Pointet, sur les mayens de My. 120 hectares pour une moyenne suisse qui dépasse juste les 20, mais dont les Pillet ne sont propriétaires qu’à 20 pourcent. Sans compter une exploitation agricole qui, sous la coordination du bras droit Alain, loue les services de ses machines aux agriculteurs de la région. Plus de 40 salaires au mois de septembre pour une vingtaine à l’année. Les repas à la table familiale sont des moments privilégiés pour la cohésion et la gestion du domaine, avec l’assistance experte de Marie-Noëlle, dont la maîtrise agricole permet de gérer nombre de lourds aspects administratifs.

Stéphane Pillet



«Notre polyvalence nous assure des rentrées régulières quelles que soient les caprices de la météo. Il est rare que toutes les cultures soient atteintes en même temps» assure Stéphane. Il reconnaît que les soucis sont proportionnels aux nombres d’employés et à la surface, qui s’est agrandie au fil des ans compte tenu de la générosité et de l’énergie du personnage. La grandeur de l’exploitation permet toutefois à la famille Pillet de maintenir une vie corporative et sociale propre à ne pas décourager les jeunes face à la quantité de travail. Grâce à un tournus établi, les soins quotidiens au bétail sont garantis et chacun a droit à ses congés, une caractéristique qui devient essentielle aux yeux des héritiers pour la reprise d’un domaine agricole. La pérennité de l’agriculture comme de la viticulture professionnelle passe aussi par les loisirs! «Je ne comprends pas pourquoi mes collègues n’engagent pas plus de personnel valaisan, regrette Stéphane. Ils ne me reviennent guère plus cher qu’un étranger car ils assument leur part de charges sociales et impôts, au contraire des étrangers dont toutes les charges sont déduites à la source.» Une philosophie d’entreprise qui peut avoir valeur d’exemple pour nombre de collègues paysans. Ils reconnaissent la figure emblématique de Stéphane Pillet à sa juste valeur, lui qui joue un rôle de moteur pour toute l’agriculture valaisanne.